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Message  chantal92 le Sam 1 Déc 2018 - 12:28

Si Béatrice m'y autorise, je souhaiterais, en développant une petite analyse faite en réponse à la récente et époustouflante série de photos qu'Avalon nous a offerte, ouvrir le petit débat suivant (ou au moins faire un mini-sondage). La transformation iconique d'Avalon nous rappelle de façon spectaculaire (au sens où elle attire forcément l'attention et suscite la réflexion) que tout parcours vital est une permanente modification, surtout lorsque c'est une voie de transition, et que, par conséquent, si nous gagnons des choses en route, nous en abandonnons aussi.

Je ne parle pas ici des modifications extérieures engendrées par une transition (et de l'abandon de la garde-robe masculine pouff ), ni même du changement de perspective sur le monde environnant ; ce dernier point a déjà été évoqué il y a quelque temps, avec en gros le résultat suivant : oui, je ressens certaines choses différemment, non, je n'ai pas changé mon regard politique (au sens le plus général, vie de la cité). Je ne parle pas non plus des modifications du comportement amoureux et sexuel, car si l'on change d'us et coutumes en ce domaine, il est évident qu'on ne risque pas de regretter l'avant. Je veux parler du rapport avec autrui et d'un dépérissement possible, compensé d'ailleurs par un enrichissement possible.

Une amie trans, qui vit en mode clignotant et s'interroge sur son avenir, me confiait récemment qu'elle était certaine que si elle faisait son coming out auprès de ses meilleurs amis, même si le discours demeurait bienveillant et même si elle les connaît depuis plus de vingt ans, il y aurait forcément des thèmes qui ne seraient plus abordés dans la conversation, des choses confiées qui ne le seraient plus. Ce qui serait bien vécu comme une perte.

En sens inverse, elle ne doute pas (et je lui donne raison) que le dialogue avec les femmes s'élargirait ; et ce, non seulement parce qu'elle serait désormais associée aux discussions sur le maquillage, la coiffure, les vêtements, etc, mais aussi sans doute à des réflexions plus intimes et selon un mode de dialogue qui n'est pas celui des hommes.

Je pense que la forte motivation nécessaire pour mener une transition et la nécessité au jour le jour de surmonter des obstacles de toute nature occulte largement ce possible sentiment de perte, de même qu'à l'arrivée et pendant longtemps, le bonheur d'avoir atteint le but annihile les possibles regrets concernant tel ou tel aspect de la vie passée.

Ceci étant, j'aimerais savoir (n'étant pas moi-même en transition et n'ayant pas vraiment vocation à l'être) si vous avez fait en quelque sorte une balance des comptes (forcément positive, mais dans quelle proportion : il y a une vaste marge entre "non, rien de rien...." et Capri , c'est fini..".), qu'est ce que vous regrettez d'avoir dû laissé en route, et quelles sont les éventuelles modifications jugées comme négatives, bien qu'inévitables pour construire une personnalité cohérente. Là aussi je ne parle pas des dissensions familiales, des ruptures avec amis ou membres de la famille, des problèmes professionnels, car cela tombe sous le sens ; je parle d'un manque possible ressenti dans votre nouveau mode de relation à l'autre.

N'avez-vous jamais, au grand jamais, éprouvé sur tel ou tel aspect PARTICULIER de votre nouvelle existence, le sentiment que "c'était mieux avant " ? Je ne vous le souhaite évidemment pas et je n'ai nulle intention en posant cette question de "plomber l'ambiance", mais c'est un problème que j'ai entendu plusieurs fois évoquer par les candidates au "grand saut", pour reprendre l'expression d'Avalon. Car, contrairement au saut à l'élastique évoqué par Stéphanie, c'est un aller simple (ou alors cela se termine très mal pour le sauteur rir3 ).
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  jacqueline Rose le Sam 1 Déc 2018 - 13:12

Ma chère Chantal
Non non non je ne regrette rien. Ma vie en femme m apporte un bonheur parfait.
Ma vie en homme(jusque 60 ans) a été un bonheur parfait également , mais j ai la chance maintenant dans une vie d en connaitre les deux facettes
Bien sur je ne suis pas Trans depuis mon plus jeune âge donc jusqu'a mes 60 ans j était le Mec avec ces qualités mais surtout ces défauts ( et j en avais ) suite a une modification de ma génétique je suis devenue non pas femme mais féminine et jacqueline est née , qui découvre sa vie de femme qui est vraiment a l opposé de sa vie précédente
Pour moi ma nouvelle vie est un vrai bonheur aff
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  ClaireL le Sam 1 Déc 2018 - 17:51

Une réponse temporaire de ma part puisque je ne vis totalement en femme que depuis septembre dernier.

Encore sous le charme de cette nouvelle vie qui démarre, l'abandon de ma masculinité me comble. Rien à regretter de mes relations sociales antérieures. J'observe désormais les conversations entre hommes avec un œil amusé. C'est incroyable combien l'intention sous-jacente d'un homme relève de la performance : je me suis amélioré dans tel domaine, j'ai "gagné" mon duel avec untel (boulot, joute verbale, duel amical, …). Quel soulagement de ne plus subir ce type de discussion. Quel plaisir également de ne plus fréquenter des lourdauds dans leur comportement, voire leur tenue. En présence d'une femme, un homme "civilisé" se tient un peu mieux. Ma description force le trait pour la rendre intelligible. Bien sûr, tout ceci peut être plus léger, quoique. Mon intégration masculine m'imposait de participer à ces comportements (je sais, j'aurais théoriquement pu m'en défaire, mais, ce faisant, je ne me sentais plus appartenir à la gent masculine … on n'échappe pas facilement à son éducation). Jouant ainsi à l'homme, je me sentais alors mal à l'aise, à contre-emploi.

Une fois la phase de découverte de la vie féminine sensiblement achevée (dans combien de temps ?), des regrets apparaîtront peut-être. Honnêtement, à ce stade, ma vie est passée du noir et blanc à la couleur, en particulier dans les moments les plus simples de la vie quotidienne. Jamais l'expression "être dans la vérité", souvent utilisée à tort et à travers, n'a pris autant de sens pour moi. Certes, ces deux dernières phrases sont un peu lourdes mais elles sont la synthèse qui m'évitent un drap de lit d'exemples.

Une seule exception dans ce tableau : la relation à ma fille (20 ans). Tout en gardant le rôle de père, mon comportement en Claire face à elle est nécessairement différent même si mes messages et l'intention restent les mêmes. Je dois apprendre à porter la même intention dans une autre forme. Pas simple. Ces situations rappellent immédiatement les comportements réflexes antérieurs d'où un trouble créé par l'impression d'être double dans l'instant.

Enfin, c'est à part mais cela mérite d'être mentionné, lorsque les difficultés de la transition sont momentanément trop lourdes à porter, inévitablement surgit le regret d'une vie plus calme au masculin. Cette impression d'avoir perdu un confort de vie n'est évidemment que passager, le temps de franchir la difficulté ou la baisse de combattivité. Cela devrait disparaître lorsque j'aurais réglé les étapes restantes, administratives et médicales.
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Message  Avalon le Dim 2 Déc 2018 - 12:34

Intéressante, la réponse de Claire.
Côté relationnel, pour moi aussi les choses ont changé.Les hommes ont pris du recul. Quand ils me parlent, comment dire, ils sont gentils vous voyez. Pas du tout le ton qu'ils emploient entre eux. Le mauvais côté c'est que la relation n'est plus sur le même plan. J'ai souvent l'impression d'être l'attardée du coin. Genre «laisse parler les grandes personnes» vous voyez. Par contre, lorsque je manifeste une faiblesse (un truc que j'ignore ou ne sait pas faire ) ça passe facilement. Genre ca surprend personne. Je crois même que ça participe à renforcer mon image féminine.
Côté femme, c'est plutôt devenu une relation d'égale à égale. Maïs ça n'a pas créé de liens privilégiés pour autant. Excepté du côté du comportement solidaire. Là, ça fonctionne pas mal.
Globalement, j'ai plutôt perdu côté relations. Plus beaucoup d'amis homme au sens ou on le vit en tant qu'homme. Donc globalement ça a fait du vide.
La catégorie de personnes avec laquelle il y a une forte connexion spontanée, cela reste les femmes transgenres. J'en discutais il y a peu avec une amie c'est incontestable.

Des regrets? Non. Dans la mesure ou je devais jouer une comédie qui ne me convenait pas. J'ai dépassé le stade «pression initiale» qu'évoque Claire. Donc actuellement, je suis plus dans la sérénité. Et plutôt avec les femmes. Même si je côtoie quelques hommes dont j'apprécie la gentillesse.

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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Béatrice le Dim 2 Déc 2018 - 13:14

...

j aurais une question "subsidiaires" ...

vous parlez de vos relations avec les hommes qui reflète bien la relation un peu paternaliste/dominatrice que connaissent beaucoup de femmes

mais !! y a t'il une différences entre ceux qui vous connaissaient précédemment ou n ignorent pas votre transidentité et ceux qui n en savent rien ????
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Message  jacqueline Rose le Dim 2 Déc 2018 - 15:46

Béatrice a écrit:...

j aurais une question "subsidiaires" ...

Y a  t'il une différences entre ceux qui vous connaissaient précédemment ou n ignorent pas votre transidentité et ceux qui n en savent rien  ????

Pour répondre a ta question , j ai de mon coté constatée que les hommes qui sont au courant  de ma transidentité parle de moi très souvent au masculin ( je l ai d ailleurs fait remarquer a mon voisin qui m a dit qu il n avait pas facile bien qu il m appelle Jacqueline de parler de moi au féminin), par contre les femmes n ont aucun problème pour parler de moi au féminin , même celles qui sont au courant.
Pour les hommes qui ne sont pas au courant ils me considère comme une dame, c est a dire avec une condescendance que connaisse bien les femmes cisgenre
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Daniela le Dim 2 Déc 2018 - 18:51

Dans la question de Chantal, je reconnais mes propres questionnements, qu'elle a d'ailleurs mieux exprimés que moi par ses qualités littéraires alors que je suis plus synthétique. C'est pourquoi je me permets de préciser le cercle relationnel concerné par cette interrogation.

Même si les relations professionnelles, familiales, intimes ne sont pas à négliger, ce sont celles entretenues depuis de nombreuses années avec les amis et amies confidents que j'aimerais ne pas perdre si je franchissais le miroir.

Par exemple, un de ces amis a eu le besoin régulier de se confier à moi, au cours de sa séparation avec sa femme. J'imagine qu'il en aurait été différemment si je vivais en tant que femme sociale. Cela ne veut pas dire qu'il m'aurait rejetée, mais son attente aurait été autre et les discussions différentes ; enfin je suppose.

Je ne sais pas si je suis claire. Je n'évoque pas les relations amicales mais un type de relation privilégiée, construite au cours du temps, que je crains de perdre. J'ai ainsi 3 amis hommes et 1 amie femme. Mais peut-être que votre vécu prouve le contraire, que la relation continue, et s'enrichit.
Le fait est que je ne leur ai jamais évoqué ma transidentité, même si, de leurs propres mots, ils me considèrent comme un homme féminin.
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Avalon le Dim 2 Déc 2018 - 19:49

Béatrice a écrit:...mais !! y a  t'il une différences entre ceux qui vous connaissaient précédemment ou n ignorent pas votre transidentité et ceux qui n en savent rien  ????
Pour moi, je dirais oui. Difficile d'ailleurs de la qualifier. Mais oui. J'ai l'impression que c'est plus facile pour les nouvelles relations. Ils se posent moins la question. Les anciennes relations, certaines l'ont accepté mais mais je me dit qu'ils conservent notre emprunte masculine dans leur esprit. Pour reprendre ce qu'écrit Danièla, j'ai l'impression qu'ils me perçoivent comme un homme féminin plus que comme une femme. Je crois..Après, je n'ai pas posé la question.. :)
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  chantal92 le Lun 3 Déc 2018 - 0:08

La question "subsidiaire" de Béatrice s'impose effectivement.

Je pense toutefois qu'il ne faut pas mettre sur le même pied ceux qui vous connaissaient avant et ceux qui ne vous ont connues que comme transgenres, la troisième catégorie, comme le rappelle Béatrice, étant celle qui ignorent que vous êtes transgenre, possibilité bien réelle et sans doute expérimentée par plusieurs d'entre vous sur ce site (au vu de leurs photos, notamment !).

Il me semble (je ne peux faire état d'expérience personnelle en la matière vu mon statut de "clignotante", je ne m'appuie là que sur la logique) que le passé joue forcément un rôle dans l'attitude adoptée par votre interlocuteur/trice, comme le souligne Jacqueline, et qu'il y aura forcément une période d'adaptation un peu délicate (même dans le cadre d'une bienveillance absolue) et que donc (cf Daniela) forcément il y aura une déperdition de contenu ; ne serait-ce d'ailleurs que parce que la nécessité de changer la forme du discours (on ne s'adresse pas de la même façon à un homme et à une femme) va entraîner des écarts sur le fond. Avalon souligne à juste titre que les nouvelles relations échappent à ce problème.

J'ai bien aimé le mot de "confort " utilisé par Claire. Car, et cela faisait partie de la question posée, je me demandais si pour certaines les habitudes engendrées au fil des années (lorsque la transition est tardive, voire très tardive) ne sont pas difficiles à perdre, au point d'engendrer parfois un malaise ; et si le fait de passer d'un mode de vie à un autre n'engendre pas, indépendamment de toute pression sociale extérieure, parfois un regret épisodique de l'époque où "c'était plus simple".

Et je crois que finalement une vraie pierre de touche pour déterminer à quel point l'on est (ou si l'on est ) transgenre, c'est de sentir comment on accepte ces nouvelles contraintes ("zut" ou "chic", il faut encore que j'aille me faire épiler, encore deux heures de maquillage, et ma permanente, mes exercices de voix , etc) Quand c'est un bonheur sans mélange , vous êtes sans conteste habité par une indéniable tendance à la féminité. Terme qu'il conviendra d'ailleurs d'expliciter, ainsi que la notion "d'homme féminin" ; car la volonté de féminité est quelque chose de bien différent d'une féminité préexistante.

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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Avalon le Lun 3 Déc 2018 - 10:26

chantal92 a écrit:Ainsi que la notion "d'homme féminin"
Ca c'est lorsqu'une personne n'arrive pas à se débarrasser du genre traditionnellement attribué aux "mâles", bien qu'il ait en face de lui quelqu'un d'incontestablement féminin. A l’extrême, le genre de personne qui voit une "superbe trans asiatique" et vous sort cette énorme ânerie : "C'est un mec!"... Bref, c'est une forme de négation voire rejet plus ou moins marqué du transgenderisme. Rejet plus ou moins marqué qui peut être entretenu vis à vis des autres ... comme vis à vis de sois même.
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Béatrice le Lun 3 Déc 2018 - 12:38

Avalon a écrit:
chantal92 a écrit:Ainsi que la notion "d'homme féminin"
Ca c'est lorsqu'une personne n'arrive pas à se débarrasser du genre traditionnellement attribué aux "mâles", bien qu'il ait en face de lui quelqu'un d'incontestablement féminin. A l’extrême, le genre de personne qui voit une "superbe trans asiatique" et vous sort cette énorme ânerie : "C'est un mec!"... Bref, c'est une forme de négation voire rejet plus ou moins marqué du transgenderisme. Rejet plus ou moins marqué qui peut être entretenu vis à vis des autres ... comme vis à vis de sois même.


c est un fait que les plus virulentes hostilités sont parfois le fait d individu qui refoule des pulsions non assumées
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  chantal92 le Lun 3 Déc 2018 - 18:27

Avalon, c'est Daniela qui a utilisé cette expression "homme féminin", et il me semble qu'elle ne le prend pas dans le même sens que toi.

1) La version péjorative qu'utiliseraient éventuellement les collègues de Daniela, serait "homme efféminé" et non homme féminin.

2) La formule appliquée à une trans serait effectivement un déni de réalité et insultante, je suis d'accord avec toi là-dessus. Mais Daniela va en homme à son travail, d'après ce qu'elle nous a dit.

3) En l'occurrence je pense plutôt que Daniela est perçue (ou tout au moins se sent perçue) par ses collègues comme un homme chez lequel existe une forte part de féminité, qui transparaît en dépit d'un "camouflage" masculin (naturel ou construit).

Ce n'est donc pas une remise en cause du transgenderisme, mais bien au contraire sa perception au niveau basique par ceux qui n'en connaissent à peu près rien.

Si l'on te traitait toi d'homme féminin, chère Avalon, là ce serait effectivement un signe de mépris machiste....et de myopie aggravée !!!!
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Avalon le Lun 3 Déc 2018 - 18:59

Merci Chantal bizou
Tu as surement raison. Bien que je trouve que Danielà est plus féminine qu'elle ne se perçoit ^^ Mais je faisais en effet un amalgame avec d'autres expériences..
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Daniela le Lun 10 Déc 2018 - 23:38

Excusez-moi chères amies de réintégrer la discussion avec du retard mais semaine chargée oblige.

Le terme "homme féminin" ne m'a jamais été prononcé de façon négative ou méchante, mais comme un fait. N'ayant jamais évoqué ma vie en mode féminin à mes amis, ils ne me connaissent qu'en homme. C'est donc à travers cette image masculine qu'ils me qualifient de féminin. Et tout comme Chantal, je distingue les hommes féminins des hommes efféminés, qui pour moi, sont plutôt liés à une certaine partie du monde homosexuel masculin.

Peut-être est-ce que tu as voulu dire Chantal quand tu as écrit "la volonté de féminité est quelque chose de bien différent d'une féminité préexistante" ? Ou cela est-il destiné à certaines d'entre nous qui essaient de se construire une image telle qu'elles s'imaginent (plus ou moins fantasmée) et non pas telle qu'est leur être féminin ?

En lisant le vécu des consieurs qui vivent "en full time" je comprends qu'avec les nouvelles relations, elles sont perçues en tant que femmes alors que subsistent toujours le passé avec les amis de longues dates et donc aussi avec sa famille. Mais quand même avec le temps, n'y a-t-il pas le présent féminin qui efface, prend la place du passé masculin ? On peut garder des souvenirs avec des amis, du temps où on vivait en homme mais on fait de nouvelle sorties, de nouveaux voyages et donc on a de nouveaux souvenirs, en tant que femme avec ses mêmes amis non ?
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  jacqueline Rose le Mar 11 Déc 2018 - 12:31

Daniela a écrit:. Mais quand même avec le temps, n'y a-t-il pas le présent féminin qui efface, prend la place du passé masculin ? On peut garder des souvenirs avec des amis, du temps où on vivait en homme mais on fait de nouvelle sorties, de nouveaux voyages et donc on a de nouveaux souvenirs, en tant que femme avec ses mêmes amis non ?

Pour répondre a cela, personnellement je ne revois mes anciens copain que très rarement et pour cause, j ai déménagée , et nos centre d intérêt ne sont plus les mêmes , donc peut a peut les souvenirs s effacent
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Re: "Non, rien de rien, je ne regrette rien...."

Message  Gwendoline le Jeu 13 Déc 2018 - 5:41

Dans la catégorie regret, ce serai plutôt l'inverse.

Pourquoi je n'ai pas fait ma transition il y a 20 ans lors de ma première grande crise trans-identitaire?
Et d'être restée bloquée dans un mode androgyne étrange. Franchement avec tout ce que j'ai appris récemment, j'étais la seule à ne pas mettre rendue compte que j'étais plus qu'effeminée. Au travail, les collègues ne se rendaient même plus compte que je portais des vêtements féminins.

Maintenant que je suis une femme, je regrette de devoir encore jouer le garçon de temps en temps. De toute façon, je fais le Patrick Jane mais il ne faut pas regarder de trop près vu le nombre d'incongruités (chercher les erreurs). Et le TH ne risque pas d'arranger les choses.

En parlant d' "homme féminin", ce terme a été utilisé par mon médecin pour évoquer ma transition en disant que je passe d' "homme féminin" à "femme masculine". Ce qui n'est pas complètement faux tellement la frontière était tenue dans mon cas. C'est vrai, que j'ai basculé avant même d'avoir entamé la transition médicale. D'où la signature "celle qui fait tout à l'envers". En fait, je constate que le changement entre l'avant et l'après était tout compte fait pas grand. Tout le monde n'accepte comme je suis maintenant.

Donc, je profite de cette liberté retrouvée et souvent je constate que rien m'a vraiment changé pour moi. Je devais être sacrément atteinte.
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